Voyage de pêche de fin d’année

Nous y voilà, c’est la fin de ma formation en protection et exploitation des territoires fauniques. Ça aura été une année chargée en découvertes, en apprentissages, en larmes, en rires et en longs moments passés en forêt.

Le voyage de pêche de fin d’année, qui clôt la formation, est aussi une façon de valider les derniers modules, comme : arranger les poissons en filets de façon appropriée et appliquer différentes techniques pour la pêche au doré (le cendre en France), au brochet et à la truite avec un peu de pêche à la mouche.

On part le lundi 25 mai en direction de la ville de Parent. Elle se trouve dans la municipalité de La Tuque, même si elle est à environ 200 km du centre-ville de La Tuque ! C’est une ville forestière reculée créée en 1910 par les pionniers et les travailleurs forestiers.

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On s’y rend par une route forestière de graviers, où l’utilisation de la radio CiBi pour communiquer avec les autres véhicules est indispensable !

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panneau cb

Les coupes forestières ont repris et on peut croiser des camions planétaires, des camions de transport de bois légèrement plus gros que la moyenne, et vu leur largeur, il vaut mieux les avertir de notre présence pour éviter une collision avec ces titans du transport forestier !

En voici quelques exemples (ce ne sont pas mes photos, car je n’en ai pas vu) :

camion planétaire

On arrive au bord d’un lac où on installe le camp pour les quatre prochains jours. Une grande tente prospecteur nous sert de camp de base avec cuisinière au gaz propane, poêle à bois et ustensiles de cuisine en cas de besoin. C’est aussi là que notre prof accompagnateur Sylvain dort et nous accueille chaque matin avec un bon café bien chaud 🙂

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Chaque éleve dort dans une tente ou sous une bâche. On décide de s’installer dans le bois avec Cyprien, Adeline et Vincent et on prévoit une installation un peu plus confortable que les autres fois où on a dormi en forêt puisque là, on y passe 3 nuits. Donc lit de camp en bois et sapinage, moustiquaire, tapis de sol, duvet et couverture de laine, sans oublier mon fidèle Tarp (ma bâche) 🙂

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Après l’installation, Sylvain nous emmène faire un tour du lac au bord duquel on s’est installés, pour nous montrer les bons coins de pêche par exemple. Il y a environ 2,5 km à parcourir sur l’eau, donc avec Vincent, on monte dans un canot et on se fait tracter par une chaloupe avec moteur à essence.

Le lendemain, mardi, avec la moitié de la classe : Samuel, Enzo, Cyprien, Adeline et Vincent, on part avec Sylvain pour la journée. Il faut savoir qu’il a passé une bonne partie de sa vie dans la ville de Parent et à pêcher dans ces cours d’eau. Alors l’endroit où on va pêcher est très spécial pour lui. C’est « le paradis », comme il aime l’appeler, où les souvenirs romantiques et de parties de pêche mémorables se mêlent aux sons des rapides.

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Dans la matinée, je pogne le premier doré et le premier brochet de ma vie 😍 C’est vraiment une journée de pêche pleine d’actions et d’émotions 🙂

La pêche est plus que bonne, le spot est idéal, chacun attrape plusieurs poissons. Il fait beau, on s’arrête sur une petite plage de notre belle crique pour manger un bout et apprécier ce beau moment avec un groupe au top.

Au moment de repartir, je fais quelques lancers en attendant mes compagnons de chaloupe, et PAF ! Encore un brochet. L’après-midi commence très bien 😀

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Quel plaisir de passer du temps avec quelqu’un d’aussi passionné et généreux que Sylvain ! On ne pouvait pas espérer meilleur guide/formateur 🙂

Je termine la journée fier comme un gardon, avec au tableau de prises 1 doré jaune et 3 brochets, tous mesurant plus ou moins 40 cm! Pas pire pour une première pêche de ces espèces 🙂

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Une fois rentrés au camp, il faut « arranger » les poissons, c’est-à-dire les vider et les transformer en filets. Il existe des règles assez strictes, surtout pour le transport des poissons et elles varient selon les espèces. Par exemple, en cas de contrôle par un agent de protection de la faune, les poissons doivent être identifiables, dénombrables et mesurables.

Pour le doré, on apprend la technique des filets en portefeuille (les deux côtés du poisson restent reliés par la queue). On conserve les nageoires et la peau pour l’identification et le mesurage.

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Cyprien et moi au travail du doré sous l’œil attentif de Sylvain :

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On s’exerce aussi à préparer les filets de brochet, ce qui est encore plus compliqué, parce qu’elles ont de nombreuses arêtes en forme de Y.

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Le soir venu, repas au coin du feu et petite marche le long du chemin forestier au chant des bécasses d’Amérique qui nichent dans le coin et des grenouilles par centaines qui nous entourent dans le lac et dans le sous-bois 🙂

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Le mardi matin, la journée commence par un bon café bien chaud préparé par Sylvain avec sa super cafetière, au coin du poêle, avant de se faire un petit déjeuner au feu de camp à l’extérieur 🙂

Aujourd’hui, on troque les chaloupes contre les canots, pour aller explorer les méandres d’un ruisseau et arriver jusqu’à un petit lac peu profond où se trouvent des ombles de fontaine (truites mouchetées).

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C’est vraiment une belle ambiance, le temps est plutôt bon… Certains s’exercent à la pêche à la mouche, d’autres pêchent du bord, ou directement des canots.

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Les poissons ne tardent pas à mordre ! Pas de record de taille cette fois-ci, mais tout de même quelques petites truites à ajouter au repas du soir 😉

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Justement, pour ce troisième et dernier soir du séjour, Sylvain décide de cuisiner une poêlée de patates et oignons, avec les filets des dorés pêchés la veille. Simple et efficace, un régal réconfortant après une journée de pêche en canot 🙂

Après le repas, on décide de prendre une marche avec Cyprien et Adeline, jusqu’au dépanneur. C’est le seul commerce du village de Parent et l’un des seuls à 100 km à la ronde. C’est aussi la seule station-essence et un point de ravitaillement de beaucoup de travailleurs forestiers et de nombreuses personnes qui vivent reculées dans le bois.

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Il y a un téléphone public devant l’entrée du dépanneur. Voyage dans le temps garanti !

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Quand on pense que pour beaucoup, La Tuque est une ville perdue dans la forêt, imaginez la sensation d’être dans ce village loin dans les forêts du Québec 😀

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On poursuit notre marche par un tour de Parent, où on découvre les quelques habitations (il y a environ 200 habitants) et les rues de terre battue du village. Il y a une atmosphère de bout du monde très agréable.

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La caserne de pompiers :

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La banque du village de Parent, avec un distributeur de billets à l’intérieur :

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On prend le temps de profiter des dernières lueurs du jour avant de rentrer dans le bois et de retrouver notre camp douillet pour dormir une dernière fois au son du chant des grenouilles 🙂

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Le jeudi matin, c’est déjà la fin du voyage de pêche, il est temps de plier le camp, de ranger le matériel de pêche et de charger canots et chaloupes sur les remorques. Près de 3 heures de bus sur les routes de graviers nous attendent jusqu’à La Tuque.

Bilan du séjour : 3 brochets, 1 doré et 2 ombles de fontaine pour ma part, et environ une trentaine de poissons pour toute la classe.

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Avant de prendre la route, on s’arrête pour acheter un repas du midi et apprécier la déco de cette épicerie du bout du monde. Vieux pièges, fourrures de loup et de martre, lynx et renard empaillés et peaux de castor habillent les murs du lieu, sans oublier ce magnifique panache de caribou. Ambiance trappeur du Grand Nord 🙂

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On remonte dans notre bus jaune pour redescendre jusqu’à La Tuque.

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Bien qu’il me reste les quelques semaines de stage de fin de formation, ce voyage de pêche clôture cette année à l’école forestière en tant qu’étudiant en protection et exploitation des territoires fauniques. Une année mouvementée, avec de très belles rencontres et expériences, d’autres un peu moins. Des hauts, des bas. La vie quoi 🙂

Je suis venu apprendre, et j’ai appris, sur la nature et sur moi-même. Une page se tourne mais l’aventure se poursuit, avec encore plein de chose sympa à vivre 😉

1 réflexion sur “Voyage de pêche de fin d’année”

  1. Sylvain Trudel

    Merci pour ce retour en arrière cher Aurelien.
    En ce qui me concerne l’expérience à été tout simplement incroyable en votre compagnie. C’est un privilège que d’être votre mentor en quelques sorte.
    Au plaisir de vivre d’autres aventures en votre compagnie.

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