Pour complètement clôturer ma formation en Protection et Exploitation des territoires fauniques, je dois valider 120 heures de stage en entreprise. J’ai choisi de le faire à la pourvoirie Club Hosanna. Pour rappel, une pourvoirie, c’est un entreprise touristique de pleine nature. Principalement localisées au Québec et généralement sur des territoires de plusieurs centaines de kilomètres carrés, elles proposent des activités de plein air clés en main (chasse, pêche, randonnée, chien de traîneaux, location de chalet, etc.).
On peut réserver un week-end en chalet au bord d’un lac, avec un forfait de pêche (chaloupe et vers inclus) ou de chasse à l’ours avec un guide, par exemple.


C’est d’ailleurs au club Hosanna que l’on a fait du traîneau à chien avec Quentin ou que j’ai participé au concours de pêche sur glace cet hiver 🙂
Je loge au dessus de l’accueil, dans une chambre tout en bois avec salle de bain privée.
La pourvoirie se trouve à environ 1 heure de La Tuque, donc je ne rentre que le week-end.

Les journées de travail en pourvoirie sont intenses et chargées, je n’ai pas le temps de prendre beaucoup de photos des chalets ou des paysages :-Donc voici quelques photos de certains chalets que l’on peut louer (et qui proviennent directement du site d’Hosanna).




Crédit photo : Clubhosanna


Pour vous donner une idée de l’immensité du territoire, voilà la carte du territoire dont dispose la pourvoirie. Le secteur Natisk fait également partie de l’activité d’Hosanna.
Chaque jour, on parcourt des dizaines de kilomètres en pick-up ou en quatre roues (= quad) sans jamais sortir de la forêt 🙂

Crédit photo : Clubhosanna
Mes missions en tant qu’employé de pourvoirie sont très variées.
Malgré mes nombreuses expériences professionnelles, ça reste le poste le plus polyvalent que j’ai jamais eu.
Je commence ma semaine en participant à la construction d’un chalet en bois. L’occasion pour moi d’observer et d’apprendre les façons de faire locales en termes de construction 😉






Incroyable mais vrai : le mercredi, on commence à poser le toit ; le jeudi matin, on fait la plomberie et l’électricité et à peine le temps de ranger les outils que les premiers clients arrivent le jour même, vers 17 h !
Tout n’est pas fini mais ça reste une belle performance pour l’équipe de 7 ou 8 personnes qu’on est et qui a travaillé dur sur ce projet 😀

J’ai aussi des tâches à faire à la pisciculture de la pourvoirie (nourrissage des alevins, des truites ; ensemencement de lacs et gestion de l’équilibre des bassins).




La plupart des lacs en pourvoirie qui sont utilisés pour l’activité de pêche de loisir (même certains bien reculés), sont régulièrement ensemencés avec des truites adultes. La pourvoirie fait appel à une pisciculture extérieure pour une partie de ses besoins en poissons.

Ensuite, je travaille avec Antonin, un Français qui travaille icitte depuis 3 ans. On doit construire un ponton d’environ 25-30 mètres de long jusqu’au lac, en passant au dessus d’une tourbière.
Il fait chaud, les mouches noires et autres moustiques sont de sortie, mais je suis content de reprendre un travail physique en extérieur 🙂



Le bout du ponton aura une partie flottante sur laquelle j’ai travailler également, qu’on a dû sortir du garage avec le camion grue!

Je peux aussi faire un peu de mécanique, pour des réparations de moteurs de chaloupe. Je suis content parce que la mécanique, c’est pas quelque chose que je connais bien.

Entre deux tâches, je peux être envoyé en dernière minute récupérer un moteur sur l’un des nombreux lacs du territoire.

Ou encore m’improviser guide de pêche !
Après un briefing dans le pick up sur le chemin en direction du lac, on arrive à un endroit de la pourvoirie appelé « Le Club », où un groupe de clients attend, prêts à pêcher !
Donc j’attrape glacière, matériel de pêche, gilets de sauvetage et vers de terre, je découvre la chaloupe et son moteur, les clients s’installent et c’est parti pour trois heures de pêche à la traîne (avec une « cuillère » et en avançant lentement avec le bateau).


Pendant la pêche, mon rôle est de veiller au confort de chacun, gérer la navigation, sortir et achever les poissons, remplacer les vers et proposer aux clients des emplacements stratégiques de pêche sur le lac où nous sommes.

C’est une sacrée expérience et une sortie de ma zone de confort cette première fois en tant que guide de pêche ahah !
Au final tout se passe très bien. Les personnes que j’ai guidées étaient très gentilles, satisfaites de mon service et m’ont même personnellement réservé pour les sorties suivantes de leur séjour 😉


Au retour, chaque guide prépare (éviscère) et nettoie les poissons, qui sont soit cuisinés pour les clients par la cheffe du restaurant le soir-même, soit mis sous vide pour que les clients repartent chez eux avec. On peut aussi préparer les filets à l’avance si un tartare de truite est prévu au menu du soir 🙂


Beaucoup de membres de l’équipe d’Hosanna vivent sur place la semaine. Ils amènent donc leurs chiens avec eux, ça me fait des remplaçants en l’absence d’Hongi 😀



Je peux d’avoir revoir les chiens de traîneau qu’on a rencontrés cet hiver. 44 chiens à qui il faut donner à boire, à manger, et dont il faut garder l’enclos propre 😉
Les chalets loués par les clients sont tous éloignés de plusieurs kilomètres dans la forêt, il n’y a pas de réseau. On doit donc faire le tour de chaque chalet quotidiennement, pour voir s’il n’y a pas de pannes ou des besoins particuliers, par exemple recharger les batteries du moteur électrique, refaire les pleins d’essence, dépanner des pompes à eau défectueuses, ravitailler les clients en vers de terre, etc.



À gauche : la station de préparation des poissons dont dispose chaque chalet, que les clients utilisent au retour des sorties de pêche.
Et à droite : une station de recharge au bord du quai d’un des chalets, pour recharger les batteries des moteurs des chaloupes avec le panneau solaire. On voit aussi la pompe à eau qui achemine l’eau du lac jusqu’au chalet (douche, toilettes, évier). Le reste des équipements du chalet fonctionnent au 12V ou au gaz propane.
Mon dernier jour, entre bien d’autres choses, je vais faire l’appâtage des ours. On est en plein dans la période de chasse à l’ours noir, qui a lieu du 15 mai au 30 juin pour cette zone. Je reviendrai plus en détail sur cette chasse dans mon prochain article, mais en gros le but est de créer une zone d’appâtage à proximité d’une cache (ou mirador), où le chasseur se place en attendant la venue d’un ours.

On étale toutes sortes de nourriture qui sent fort, et plus ou moins bon ahah ! Du maïs moulé (= concassé), du sirop de cerise ou de sucre, de la mélasse, des bombes d’odeur faites à base de poisson et de lait fermenté au soleil, des restes de gâteaux et de pain. Toutes sortes de choses qui sentent le sucre et qui sont appétissantes pour les ours.


Voilà pour ce petit aperçu de mon stage à la pourvoirie Hosanna.
Je fais encore de belles rencontres, je partage mes savoir-faire et j’en apprends plein de nouveaux.
Les 120 heures sont passées bien vite (12 jours) même en « sous-comptant » mes heures 😀
C’est maintenant le temps de retrouver ma Julie et mon petit chien et de prendre un peu de vacances pour la fin de notre aventure québécoise 🙂

👍💪😉🤩☀️🧡