Jour 2 – 18 juillet

Je me réveille à 4 h 30 ce matin (il est 10 h 30 en France et je ne me réveille jamais vraiment plus tard donc impossible de dormir), je commence à faire 2-3 petites choses sur mon ordinateur car des choses à faire, on en a ! Pour commencer, j’ouvre une ligne de téléphone canadienne pour Aurélien.

On va prendre un petit-déjeuner au café en bas de notre immeuble puis on va changer des euros en dollars canadiens (le taux est vraiment intéressant en ce moment, pour 1 000 euros, on a 1 630 $CA). 

Je fais découvrir à Aurélien le magasin que tous les nouveaux connaissent ici : Dollarama. C’est un magasin où tout coûte entre 1 et 5 $. Il y a longtemps, quand j’ai vécu pour la première fois au Canada, tout coûtait 1 $ dans ce magasin, mais l’inflation est passée par là. Ça reste quand même intéressant quand on ne veut pas trop dépenser.

À 13 h, on a rendez-vous à la Banque Nationale du Canada. Le conseiller explique à Aurélien la différence entre une carte de débit et une carte de crédit puisqu’ici, tout le monde a deux cartes bancaires et que chacune a son utilisation propre. On a vite fait de se tromper et de pays des intérêts assez élevés.

On se balade ensuite un peu dans la ville et je suis vraiment très surprise du nombre de personnes qui parlent anglais ici. Il y a toujours eu des anglophones à Montréal mais là, ça a vraiment pris de l’ampleur. Maintenant tu peux vraiment envisager de t’installer à Montréal si tu as envie de parler anglais au quotidien.

Bien décidés à ne pas manger des frites à tous les repas, on s’arrête dans un restaurant grec – de Grèce, pas un kebab 🙂 – c’est bien de profiter des restos variés d’ici parce qu’à La Tuque, ce sera terminé tout ça, il n’y aura que des restos locaux à base de frites, de pizzas et de burgers.

Dans 2 jours, on est censés quitter Montréal pour rejoindre La Tuque, à bord de notre nouvelle voiture. Mais quelle voiture ? Il va falloir la trouver !

Ce qui n’est pas du tout rassurant au Québec, c’est que non seulement les contrôles techniques ne sont pas obligatoires mais aussi, quand un garage fait un contrôle technique, tu ne peux pas vraiment t’y fier. Il est recommandé de systématiquement faire passer un autre contrôle (à tes frais !) par un garagiste indépendant pour être sûr que la voiture est en bon état. Il faut compter dans les 200 $ pour faire cette vérification, et ça, sans être sûr que tu vas finalement acheter la voiture, si le garagiste te dit qu’elle est pourrie. 

Et passer par un concessionnaire ne limite pas les risques d’« arnaque ». Eux aussi peuvent te vendre des tacots déguisés en voitures correctes.

J’en discute avec une de mes collègues qui m’explique qu’un de ses amis à Montréal a payé 3 contrôles techniques sur 3 voitures différentes et à chaque fois, la voiture était en trop mauvais état donc au final, il n’en a acheté aucune (et a perdu dans les 600 $). Au Canada, il n’y a que le Québec qui fonctionne comme ça, ce qui lui vaut le surnom de « poubelle du Canada » en termes de véhicules.

Tout ça ne nous rassure pas vraiment, on n’a pas envie de perdre et de l’argent et du temps à faire 36 contrôles techniques. Dans mes recherches de concessionnaires à Montréal, il y en a un qui ressort, je ne saurais pas vous expliquer pourquoi, c’est un feeling et les commentaires laissés sur le gérant, Eric, sont hyper bons sur Google.

On marche un bon moment sur le Plateau Mont-Royal, un quartier très apprécié à Montréal, notamment par les Français qui sont très nombreux à s’y installer et on arrive à Occasion Mtl, la concession en question.

Eric nous montre les voitures qu’il vient de recevoir, on aime bien son approche, il a l’air honnête et il semble vouloir que les ventes se passent au mieux pour que les gens le recommandent et reviennent chez lui pour acheter leur voiture suivante, voire lui revendre leur voiture.

On essaie un Hyundai Sante Fe Sport, un SUV (ou plutôt un VUS comme on dit ici – Véhicule Utilitaire Sport). La voiture est cool, elle freine bien, il n’y a pas de bruit suspect, le propriétaire précédent a eu l’air de bien en prendre soin (et il n’y a eu qu’un seul propriétaire, ce qui est plutôt positif). On décide de la prendre ! On fait un dépôt de 500 $, Eric prévoit de faire faire demain le contrôle technique et d’obtenir l’historique de la voiture pour voir notamment si elle a été accidentée. Si on décide de prendre la voiture, on paiera le reste (la voiture coûte environ 5 000 euros), si on décide de ne pas la prendre, il nous rendra nos 500 $.

On est vendredi soir, on se renseigne sur l’assurance auto qu’on doit souscrire au plus tard demain si on décide d’acheter la voiture mais apparemment plusieurs assurances ne permettent pas de faire une souscription le week-end, il faudra qu’on trouve une solution, mais on verra demain… On est rincés par l’administratif et par la recherche d’une voiture sur tous les sites de concessionnaires de la ville. On est là depuis 24 h et on n’a pas arrêté donc il est temps de se poser un peu.

On décide de passer dans un bar métal/rock très connu de la ville et que j’adore (je ne passe jamais à Montréal sans y aller), qui s’appelle les Foufounes électriques (« foufounes » ça veut dire « fesses » au Québec). Malheureusement, ce soir, c’est plutôt tranquille comme musique, on est un peu déçus mais on aura certainement l’occasion d’y retourner 🙂

Après 24 heures au Québec, ce qui saute aux yeux d’Aurélien, c’est l’amabilité des gens. Il en a entendu parler mais là, c’est vraiment concret. Globalement (il y a toujours des exceptions) les gens sont souriants, avenants, doux, c’est vraiment cool.

Pour bien finir cette journée, on va manger dans un fast-food à deux pas du bar, on prend des bons gros burgers et là, un mec rentre avec un gobelet dans la main, en demande d’une petite pièce. Il commence par notre table et il se met à papoter avec nous, il nous demande si on est en couple, il jette à Aurélien un « Adam Levine » (le chanteur de Maroon 5), je lui donne une pièce mais il ne me remarque même pas, il n’en a que pour Aurélien 😀 

Il s’en va (sans aller voir les autres tables) et sur le seuil de la porte, il demande à Aurélien « Tu me donnes combien sur 10 ? », Aurélien ne comprend pas sa question, je lui dis « Il veut que tu lui donnes une note, il veut savoir si tu le trouves beau 😀 », Aurélien réfléchit et lui dit « 8 ». Le gars lui lance un bisou au loin et part…

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