Notre dernière semaine à La Tuque commence. Nous rendons notre appartement et quittons la ville le 1er août.
Ces dernières semaines, on prend pleinement conscience que notre aventure latuquoise est bientôt terminée. On passe par différentes émotions. On est déjà dans la nostalgie alors qu’on n’est pas encore partis. On sait, pour l’avoir déjà vécu, ce que c’est de quitter un endroit où on s’est créé des souvenirs et des habitudes, un endroit où on s’est sentis bien. Ce n’est jamais facile.
Quand je promène Hongi, je passe devant chez Pauline et Cyprien, devant chez Enzo, devant chez Céline, mais ils ne sont plus là.
Ce n’est plus chez eux, d’autres gens vivent ici. La ville s’est vidée de la majorité de nos copains et même si on ne les voyait pas tout le temps, on savait qu’ils étaient là, et ça nous faisait quelque chose. Ce n’est plus pareil maintenant.
On se détâche petit à petit de la ville. Avoir quelques semaines de plus (que les autres) pour réaliser qu’on part, c’est bien. Le départ sera sans doute plus doux.
Le mardi, alors qu’Aurélien reprend la route La Baie -> La Tuque, je participe à un atelier de confection d’un attrape-rêve. J’y vais avec Chloé et on retrouve un groupe d’une bonne vingtaine de personnes.
Chaque participant a un kit : un cercle de bois tendre, du fil fin pour former la toile à l’intérieur du cercle, du tissu épais, des perles et des plumes pour orner l’attrape-rêve.

Et c’est parti !
L’animatrice nous guide pour commencer l’attrape-rêve et ensuite, le geste se répète…

… jusqu’à ce que la « toile » soit tissée.
Comment fonctionne un attrape-rêve ? Les cauchemars qu’on fait la nuit sont pris dans la toile et sont brûlés par la lumière du jour. Les rêves glissent dans les plumes pour être rêvés de nouveau 🙂
Le groupe est très sympa, on s’entraide et je dois dire que le résultat me plaît beaucoup.

Ce sera ma dernière activité détente. Maintenant, au boulot !
Notre appartement est initialement non meublé. On l’a meublé en arrivant, donc maintenant, il faut réussir à vendre un maximum de choses.
On a déjà commencé depuis plusieurs jours, Aurélien a trouvé une personne qui souhaite acheter exactement le 1er août (donc c’est parfait !!) notre lit, notre lave-linge, notre sèche-linge et notre frigo. Ce qui nous permet de garder tout ça jusqu’au dernier jour. On ne pouvait pas rêver mieux 🙂
Pour le reste, on se répartit les annonces sur le Marketplace de Facebook et notre appartement devient un magasin 😀 On enchaîne les ventes, on est super contents. En tout, on arrivera à récupérer près de 3 000 $.
Hongi se demande un peu ce qui se passe, on s’active dans tous les sens, l’appartement se vide de jour en jour, plein d’inconnus viennent chez nous.


Ce qui ne change pas, ce sont nos balades quotidiennes et nos sessions de jeu qu’il adore 🙂

On doit aussi l’emmener chez le vétérinaire pour obtenir un certificat qui l’identifie et qui atteste qu’il a bien été vacciné contre la rage.

Ce document, on devra l’apporter à l’ACIA (l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments) à Victoriaville, qui le validera officiellement pour qu’on puisse le présenter à notre arrivée en France.
Le jeudi soir, on participe à l’une des soirées réseautage organisées par notre chère Anne-Marie, c’est l’occasion pour nous de la revoir une dernière fois avant notre départ.
On rencontre les nouveaux, ceux qui vont faire la même formation qu’Aurélien. Ça fait une drôle de sensation : c’est comme si toute la clique 2025-2026 était effacée et remplacée. Et on passe aux suivants… Mais c’est comme ça, c’est normal 🙂

Le vendredi, il nous arrive quelque chose d’assez cocace, qui me pousse à poster ça sur le groupe Facebook de la ville 😀

Dans l’après-midi, Aurélien met ses chaussures, trempées par la pluie, à sécher sur notre voiture. Comme ça, elles sont bien exposées au soleil.
On trie nos affaires et on prévoit que j’aille déposer beaucoup de choses à ETC, le magasin de seconde main de la ville. Le coffre de la voiture est ouvert (et cache les chaussures d’Aurélien). On charge tout dans la voiture, j’appuie sur le bouton qui ferme le coffre automatiquement, je monte dans la voiture et je démarre.
Je passe à ETC puis je vais faire une course et là… je découvre cette chaussure sur mon coffre. Je préviens Aurélien, qui m’explique la situation. Sur le retour à l’appartement, donc, je regarde sur la route si je vois quelque chose. Rien. Je refais donc tout mon trajet (5 minutes). Toujours rien.
Je me dis « Quel est le moyen le plus efficace de la retrouver ? ». Le groupe Facebook bien sûr, vu que tout le monde y est très connecté ici !
Me voilà donc à poster cette annonce, en québécois s’il vous plaît (vous avez noté mon « soulier »), qui en fait rire certains mais surtout, qui me permet de vite savoir où des gens ont vu une chaussure toute seule sur la route. On m’indique le dépanneur tout près de chez nous. J’y cours ! Mais rien. Pas de soulier…
Je continue à regarder partout, même sous les voitures. Me voyant faire ça, un couple me demande ce que je cherche.
– « Un soulier ».
– « Ah, il est à vous ? »
Ils venaient de le trouver et pensaient qu’il était à un de leur fils. SOULIER RETROUVÉ 😀
Le soir, on rejoint les cousins et petits-cousins d’Aurélien, qui sont en road trip au Québec. On les retrouve dans le parc aux jeux et jeux d’eau pour enfants, tout près de la bilbiothèque.

Puis on va manger au restaurant, se parler de notre année à La Tuque et de leur voyage au Québec. C’est très cool de les voir ici 🙂

Et voilà… le jour du départ est arrivé. On se lève tôt pour gérer notre toute dernière vente, apporter quelques affaires qu’on n’a pas vendues chez Chloé, donner ce qui nous reste à nos voisins Valérie et Alain et faire le ménage.

Ça y est, l’appartement est vide. La boucle est bouclée. On se revoit un an en arrière et on pense à tout ce qu’il y a eu entre les deux.
Les années à l’étranger sont tellement riches. Pendant qu’on les vit, on ne s’en rend pas forcément bien compte, puisque ça devient notre vie, notre routine. Ça devient « normal ». Mais quand sonne l’heure du départ, c’est un flashback en accéléré qui compile des dizaines de souvenirs et qui vient peser un peu sur la poitrine.
Il est 12 h. C’est l’heure de rendre les clés de l’appartement et de partir. On réalise sans réaliser, on est tristes et pas tristes à la fois.
On prend la route pour rejoindre Victoriaville, à environ 2 heures de La Tuque.

On va pouvoir se poser un peu avant notre rendez-vous à l’ACIA dans 2 jours.
On a loué un joli studio avec une petite cour.


Nos presque 2 jours ici nous font du bien. On laisse toute la pression des ventes et du déménagement derrière nous, on peut souffler (un peu, car il reste encore 2 démarches importantes, l’ACIA et surtout, la vente de la voiture).
On découvre cette petite ville, tout de même plus grande que La Tuque et biennnn éloignée de la forêt.
C’est joli et ça semble à la fois calme et dynamique.


Le lundi, le passage à l’ACIA se passe très bien et je ressors avec tous les papiers (qu’absolument personne ne me demandera à l’arrivée en France ; tout ça pour ça…).
On file pour Montréal, où on retrouve le monde et les bouchons.


On s’installe dans un hôtel tout près de l’aéroport pour que tout soit plus simple – surtout avec Hongi – le jour du départ (on n’aura plus de voiture, donc on pourra prendre la navette de l’hôtel pour rejoindre l’aéroport en une dizaine de minutes).

Ça nous permet de voir des couchers de soleil assez sympa.

Le lendemain, on retrouve Eric, à qui on a acheté notre voiture il y a un an, pour la lui revendre.
Il nous propose de la racheter à peu près à moitié prix (on l’a achetée 5 000 €). Elle a beaucoup de kilomètres au compteur, on n’a pas fait de réparation dessus mais ça aurait sans doute pas tardé. On n’hésite pas trop (on n’a ni la force, ni le temps, d’aller faire le tour des garages pour gagner 500 € de plus).
En attendant que son collègue puisse nous faire le virement, on profite une dernière fois de notre voiture. On va chercher du japonais et on se fait un petit pique-nique. Cet après-midi est contre toute attente super agréable pour nous 3. On se sent bien. Ça y est, tout est réglé, on n’a plus rien à pensé, quel bonheur 🙂


Le lendemain, on se repose et on finalise nos valises pour que toutes fassent moins de 23 kg. On est très chargés, 2 valises ou sacs en soute chacun et 1 valise cabine chacun.
Le jour du départ, à 9 h 30 du matin, je reçois un e-mail d’Air Canada qui me prévient qu’il y a un souci avec la soute de l’avion qu’on doit prendre : le chauffage ne marche pas, donc aucun chien ne peut monter à bord. On prendra le vol suivant, 3 heures plus tard.
Bye le Québec, merci pour (presque) tout. C’était bien… 💙