La chasse à l’ours, toute une expérience

Aaaaaah la chasse à l’ours, en voilà un sujet à controverse !
Avant mon départ pour le Québec, je n’étais pas contre, mais pas vraiment pour non plus. Je me demandais même « pourquoi chasser l’ours ? ».

Depuis, j’ai eu de nombreuses heures de cours de chasse avec Sylvain, que je n’ai plus besoin de vous présenter 😉 L’école est maintenant terminée, et c’est en tant qu’amis qu’on se retrouve dans son chalet, à environ 30 km dans le bois, sur le territoire de la Zec Borgia (un très grand territoire et un labyrinthe de chemins forestiers).

Heureusement, Sylvain nous a fait, à Cyprien et moi, de grandes flèches pour nous indiquer le chemin 😀

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On arrive dans son coin de paradis, un chalet hors réseau au bord d’un lac de 7 km de long, avec un seul autre chalet à l’autre bout du lac. On commence d’ailleurs la journée par un tour du territoire de Sylvain, en chaloupe. Ce voyage de chasse commence très bien !

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Ensuite, on prépare tout ce dont on a besoin pour notre première chasse à l’ours, notamment les carabines 🙂

La chasse se pratique à l’affût. On créé des sites d’appâtage (que Sylvain et Léo, un autre ami chasseur, ont alimenté avec différents appâts sucrés, gras et/ou très odorants au cours des dernières semaines pour attirer les ours et créer et observer les habitudes des différents ours du secteur).

Après la balade en chaloupe, on regarde les clichés des pièges photos de Sylvain. On peut voir que certains gros mâles se baladent dans le coin, mais aussi des femelles avec leurs petits. Ça nous permet d’en savoir plus sur leurs habitudes et leurs heures de passage. Le but est de choisir avec précaution l’ours prélevé. Hors de question de toucher à une mère ou ses petits ou à un ours trop jeune 🙂

L’ours prélevé sera honoré au complet : viande, fourrure, crâne, je garderai tout, toujours dans un objectif de valorisation maximale. Je mange de la viande, j’aime la viande d’ours (on y a goûté à l’automne lors d’un repas forestier avec ma classe), je souhaite vivre le processus de la récolte à l’assiette, avec respect et conscience de l’animal et de mon geste.

C’est un peu comme de tuer un porc pour le manger au barbecue. Oui, l’ours est un bel animal, comme le sont une truite, une bernache du Canada, un petit lièvre d’Amérique ou encore un majestueux orignal… Toutes ces viandes sont excellentes, et j’aime me régaler de ce que la nature nous offre, de la viande 100 % bio, et prélevée avec éthique et respect.

Pour les curieux qui veulent en savoir plus, voilà le lien du site du gouvernement qui traite du plan de gestion de l’ours noir.

Photo un peu « redneck » 😀 Cyprien et moi, fiers de réaliser cette belle promesse que Sylvain nous a faite en septembre dernier

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Cyprien sera déposé en chaloupe de l’autre coté du lac (derrière nous sur la photo), dans une cache, et moi à un bon kilomètre dans le bois. Sylvain restera au chalet avec sa radio, à attendre un appel ou un coup de feu pour aller aider le premier qui tirera, sans déranger la chasse de l’autre 🙂

Côté Cyprien : imaginez la sensation d’être déposé avec son fusil au bord d’un lac, de voir la chaloupe s’éloigner et de se retrouver seul face à la forêt et à ses habitants que l’on connait 😀

Après ces 5 bonnes minutes de bateau, il doit encore parcourir quelques centaines de mètres à travers bois pour se rendre à sa cache (ses appâts à la main) et faire la même chose le soir, de nuit.

Pour ma part, je pars en quad avec mes appâts, ma carabine et mes munitions, puis je parcours 300 mètres à pied jusqu’à mon site d’appâtage et ma cache. Adrénaline garantie, surtout quand je dois faire ce trajet de nuit en début et en fin de journée.

Sur trois jours, on aura dormi 7 heures et passé près de 25 heures dans nos caches respectives, un temps très long comparé aux habituelles chasses à l’ours. C’est possiblement dû aux orages et aux vents très forts qui n’encouragent pas les ours à sortir… À part des écureuils et un urubu à tête rouge (un genre de vautour), je n’ai pas beaucoup d’action.

Cyprien a l’occasion d’observer lui aussi quelques animaux et pas des moindres : deux orignaux et une petite ourse qui a l’air trop jeune et dont la fourrure n’est pas très jolie (avec les mouches noires et les moustiques par milliers, les ours se grattent aux arbres et perdent du poil sur les épaules). Elle reste plusieurs minutes à observer Cyprien dans sa cache. Pas de tir, juste une très belle rencontre 🙂

Quand on est amené à attendre comme ça pendant 5 à 6 heures de suite, on a le temps de penser à bien des choses… Je me retrouve seul avec moi, dans la forêt, à attendre un prédateur qui peut faire 100 kg, voire plus.

Et là, sans aucun bruit – absolument AUCUN ! – une grosse tâche noire sort des buissons à 6 mètres dans mon dos. Impossible de me tourner sans faire de bruit et à peine le temps de voir si un petit suit cet ours qu’il disparaît déjà comme il est venu. Il a une fourrure magnifique et ne marche que sur trois pattes. On le surnomme « le boiteux ».

Un second ours se présente au site d’affût, mais pareil, il ne reste pas assez longtemps et semble jeune, donc pas de tir, mais beaucoup d’émotions de l’observer 🙂

La chasse, c’est le privilège de s’offrir plusieurs heures assis dans le bois, sans un bruit, avec pour seul but d’être attentif à ce qui nous entoure. Rien d’autre.

Aucun de nous n’a tiré pendant ces trois jours, mais on aura fait de belles observations, ressenti le frisson d’être face à un animal sauvage et ça, c’est fort 🙂

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La semaine suivante, je reviens au chalet de Sylvain, mais sans Cyprien cette fois-ci. Sylvain a continué à nourrir les ours pour moi. Avec des restes de pain, des gâteaux sucrés, de la mélasse ou encore du sirop et autre spray au goût bien sucré et alléchant.

Encore une fois, la météo ne nous gâte pas, à tel point qu’on doit improviser un toit en géotextile (très efficace), sans lequel on n’aurait pas pu faire toutes ces nouvelles heures d’affût.

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En ami et guide impliqué, Sylvain m’accompagne dans la cache pour filmer mon premier tir, et s’occuper d’éloigner le quad après avoir lui-même déversé les odeurs et appâts sur le site en contrebas de la cache. Il est de très bons conseils, on rigole bien, je n’aurais pas pu espérer mieux pour découvrir la chasse à l’ours.

Encore plus de 20 heures d’affût cumulées, quatre ours aperçus mais pas d’opportunité de tir. On apprécie quand même les bons moments passés ensemble au chalet, à jaser de tout et de rien, à faire un tour de chaloupe et à observer et profiter du calme de la nature.

Je suis très reconnaissant de tout ça, et je remercie encore Sylvain pour cet accueil mémorable.

La saison n’est pas terminée (elle dure du 15 mai au 30 juin), je reviendrai la semaine prochaine avec Julie pour une dernière tentative 😉

1 réflexion sur “La chasse à l’ours, toute une expérience”

  1. Sylvain Trudel

    Je viens de terminer la lecture de ton aventure avec moi au paradis.
    Tu as su relever les moments forts de ton parcours de chasseur.
    J’ai hâte de lire la suite!

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