Nuit de survie, festival de la chasse et gastronomie

Enfin ! On va passer une nuit en forêt, et cette fois-ci, c’est pour valider notre module de survie, dans le cadre de notre formation. Après un dernier repas à la forêt école, chaque binôme part dans le bois, construire son abri pour la nuit, collecter assez de bois pour le feu et passer la nuit par -5 °C sans bâche ni sac de couchage.

Les objets autorisés sont les choses que l’on est censés avoir sur soi en forêt, par exemple en patrouille en tant qu’agent de la faune ou même en excursion le week end, c’est-à-dire au minimum de l’eau, un couteau, un briquet (ou une pierre à feu), une couverture de survie (pour faire un réflecteur de chaleur), etc.

Bien sûr, on a le droit de s’habiller chaudement, je suis bien équipé !

Les téléphones sont récupérés pour la nuit par notre prof donc je ne peux pas faire énormément de photos, juste quelques-unes avant de le donner…

J’ai la chance de tomber avec Vincent, un de mes amis de la formation, avec qui je m’entends très bien ! On construit l’abri en tressant des branches assez fines, que l’on recouvre de sapinage, des branches de sapin baumier (beaucoup ahah !) qui font un toit bien isolant et étanche, mais aussi des couchettes super confortables !

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La nuit se passe très bien, c’est plus une nuit de camping sauvage que de survie, en tout cas pour nous :-p L’air frais nous réveille quand le feu faiblit un peu, avec le petit bonus d’entendre de vrais loups sauvages hurler au loin dans la forêt ! C’est à chaque fois un grand plaisir de dormir dans le bois, tout simplement 🙂

Même si l’automne est bien là, le temps reste très sec, et les feux de forêt font toujours de gros dégâts, comme quelques jours plus tôt, à l’entrée de la ville de La Tuque et de la forêt école, ce qui a faillit nous empêcher de faire notre nuit de survie.

Cours sur les oiseaux et sur le piégeage

On poursuit également notre apprentissage des oiseaux, on a la chance d’avoir comme professeur Caroline, qui est passionnée par ces êtres à plumes, et de pouvoir s’exercer avec la superbe collection d’oiseaux naturalisés de l’école.

Ici, un quiz où un bonne vingtaine d’oiseaux sont à reconnaitre et identifier, aussi bien des canards barboteurs ou plongeurs, des perdrix, des rapaces que des chouettes et hiboux.

Ensuite, on a un nouveau cours de piégeage ! Un des aspects que je trouve génial dans le métier de trappeur, c’est toute la préparation et le soin qu’il faut prévoir en amont. Ce n’est pas un secret, j’adoooooore bricoler, et ça tombe très bien pour ce qui suit !

On confectionne et met en place des cabanes/pièges à martres et pékans.

On apprend aussi plusieurs techniques d’installation de pièges en X, comme le faux terrier pour le vison d’Amérique, la fixation à trois clous ou la traditionnelle cabane en jupette de sapin comme sur la photo ci-dessous :

On apprend aussi à monter un enclos à loups, en laissant quelques entrées où on a placé des collets.

Au centre de l’enclos, on dispose comme appâts des restes de chasse ou de piégeage. En exclusivité 😀 Cyprien qui dépose l’appât, une tête d’orignal plus vraiment fraîche, d’après la grimace ahah.

Petite information : ces collets sont destinés aux canidés et doivent être certifiés par l’organisme chargé de la règlementation. Ils sont également équipés de différents dispositifs comme le « S-Hook », une sorte de crochet en S qui permet la libération d’un cervidé qui se prendrait la patte dans le collet. Un grand coup de patte et il peut repartir ! Il y a aussi un ressort de compression sur le collet, qui apporte une force supplémentaire au moment du serrage pour que l’asphyxie soit instantanée et pour éviter au maximum les souffrances.

Ce n’est pas la plus rapide des méthodes de trappage, mais pas la plus lente non plus. Il faut également que le câble soit traité et ciré, pour un bon fonctionnement et pour masquer les odeurs. Piéger un loup, ce n’est pas comme piéger un lièvre, on parle du prédateur le plus rusé de la forêt boréale, il faut beaucoup de patience, de connaissance et de travail pour réussir à duper un super prédateur, ce qui rend la tâche encore plus difficile.

Autre exemple d’installation : la cabane à lynx, avec un piège en X T330.

Le lynx est une espèce dont la population est plutôt stable, autant le lynx du Canada que le lynx roux (bobcat). Leur fourrure est magnifique et il paraît que leur viande est tellement bonne qu’elle fait partie des meilleure plats, de mariage par exemple, dans les communautés autochtones locales.

Le festival de la chasse et l’importance de l’orignal

En parallèle de tout ça, la chasse à l’orignal est toujours en cours. C’est une tradition qui fait débat, même au pays de la chasse. Bien que les populations de cervidés ne soient pas en « danger », elles sont en forte baisse dans le sud du Québec. En cause, le réchauffement climatique, qui permet aux tiques de survivre et de décimer des centaines d’orignaux ; la déforestation ; le nombre de plus en plus important de loups et de coyotes, et bien sûr, la pression de chasse.

Le festival de la chasse est un évènement annuel où toute la ville de La Tuque est décorée avec des silhouettes d’orignaux devant la plupart des bâtiments de la ville.

Et où les chasseurs mettent à l’honneur fièrement leur prise à l’arrière ou sur le toit de leur pick up.

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On est loin de Montréal ici, et c’est tout à fait commun de croiser des têtes d’orignaux à travers la ville sur des voitures à cette période de l’année.

L’orignal, pour beaucoup de personnes vivant au Québec, c’est une source de nourriture abondante, biologique et renouvelable. Ici, les gens ont l’habitude de consommer bio et sauvage.

Un orignal peut fournir la viande à une famille de quatre pendant toute une année ! Une fois abattu, l’orignal est un petit peu le bœuf des forêts, à consommer avec modération et respect 🙂

En parlant de bouffe… Avec ma classe, on s’organise un repas forestier. Vous vous rappelez de la chasse à la gelinotte huppée ? Le temps est venu de sortir nos prises du congélo et d’en profiter. Au menu : gelinotte donc, mais on a aussi la chance que des élèves et des professeurs participent avec leurs récentes autres prises : Thomas apporte gentiment de la barnache du Canada (= oie), Samuel nous permet de goûter à la viande d’orignal (incroyable !!) et aux queues de violon (de jeunes pousses de fougères que son grand-père ramasse dans le bois). Sylvain, notre prof de chasse, apporte dans boulettes d’ours noir qu’il a chassé, bien sûr. D’autres élèves s’occupent de préparer des accompagnements, gratins de patates et autres, pour se réchauffer car l’hiver n’est plus bien loin. On se régale 🙂

Un autre soir, grâce à notre copine Laurianne, qui nous a offert de la viande hachée, je nous prépare de super boulettes de cerf de Virginie au cœur de cheddar fondant. On adore ! Car le plaisir de la chasse est aussi et surtout dans l’assiette et dans le partage.

À la prochaine ! Enfilez vos tuques (= bonnets) et mitaines en peau de castor, parce que ça va faire « frette » (= très froid) dans le coin, c’est moi qui vous le dis 😉

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