Je vais laisser Aurélien écrire l’article sur sa première semaine de cours (du 28 juillet au 1er août), pour la partie école. Moi, je vais vous parler de cette même semaine, mais uniquement pour la partie en dehors de l’école. Eh oui, c’est fini un jour = un article, on n’aura plus autant de choses à vous raconter que les premiers jours, donc faire des articles plus denses chaque semaine, ça nous paraît bien 🙂
Le lundi matin, Aurélien prend pour la première fois le chemin de l’école et moi, je m’apprête à vivre une petite semaine au calme comme je n’en ai pas eu depuis très longtemps, en solo, sans impératif, juste en prenant le temps de prendre le temps et en continuant à découvrir La Tuque et son atmosphère.
Je vais à la bibliothèque de la ville. Le lundi, c’est fermé donc je capte internet en m’installant juste devant. C’est une zone de détente où il y a quelques livres en accès libre et de quoi se poser.

Il y a aussi des jeux pour enfants donc je vois des familles passer mais aussi des classes et des centres de loisirs.
Dès le mardi, la bibliothèque devient mon petit bureau. C’est de là que je vous écris les premiers récits de ce blog et que je fais les quelques démarches qu’il nous reste à faire comme ouvrir un compte auprès du fournisseur d’électricité ici, HydroQuébec.

C’est une bibliothèque où il y a du monde qui passe, ni trop, ni trop peu, c’est bien. À l’accueil, il y a Sophie, qui est très gentille. Et en bonus, ils proposent du café sur place. Il ne m’en faut pas plus pour passer plusieurs heures ici, chaque matin, en ce début de semaine.

On participe à une activité organisée par la ville, qui consiste à découvrir des contes et légendes Atikamekw (les Premières Nations de la région). On est une quinzaine de personnes à retrouver Véronique Pittikwi, notre conteuse.
Véronique commence à nous raconter quelques histoires mais nous demande aussi d’en raconter à notre tour, de notre pays d’origine, du Québec, pour qu’on soit dans l’échange. Elle nous explique que la transmission des contes et légendes Atikamekw ne fait pas l’unanimité dans sa communauté mais qu’en présentant ses événements comme un échange culturels, le concept passe mieux. Elle nous incite pas mal, nous, les Français, à raconter des contes, de Bretagne par exemple ou d’autres histoires qu’on nous raconte à tous étant enfants. Aurélien raconte au groupe le Petit Poucet. Francis, un Québécois, raconte deux autres histoires. C’est très sympa.
La photo est de mauvaise qualité car il fait sombre mais ça vous montre où on est installés (il s’est mis à pleuvoir quand on est arrivés donc on n’a pas pu rester au coin du feu, comme prévu).

Véronique nous parle de la construction des mots dans la langue Atikamekw et de l’ajout de nouveaux mots pour pouvoir parler notamment des nouvelles technologies. Par exemple un ordinateur, c’est une « machine qui réfléchit par elle-même ». Du coup – ou devrais-je dire en bonne québécoise – « Faque » – contraction de « ça fait que », les mots Atikamekw sont souvent longs et les phrases très longues.
Voici quelques exemples :
- Janvier se dit « Kenositc Pisimw », ce qui signifie « le mois le plus long ».
- Avril se dit « Ka Wasikatotc Pisimw », ce qui signifie « le mois où la lune se reflète sur la glace ».
C’est aussi l’occasion pour nous d’apprendre que les Atikamekw ont 6 saisons : l’été, l’automne, le pré-hiver, l’hiver, le pré-printemps et le printemps.
On termine cette journée par une poutine à la saucisse au Roi de la patate, un fast-food qu’Aurélien avait repéré il y a déjà plusieurs mois sur Google Maps. On y croise le monsieur qui possède la plus belle voiture de la ville, une Chrysler, qu’on avait déjà aperçue dans les rues.


Le jour de mon départ approche (on se met des grosses œillères pour ne pas trop y penser :-D), alors je réserve mon bus de Trois-Rivières (où Aurélien m’emmènera dimanche) à Montréal.
On va souper (= dîner) chez Cyprien, Pauline et Olympe, ça nous permet de nous découvrir un peu plus et de faire connaissance avec leur petit chat 🙂

Internet est installé chez nous le 30 juillet, c’est super, on va pouvoir aller librement sur internet, regarder une série ou un film quand on en a envie et je ne suis plus obligée d’aller à la bibliothèque pour vous raconter notre vie 🙂
Au fil des jours, on prend conscience qu’ici, les gens utilisent beaucoup Facebook, tout se passe dessus : les achats/ventes, les partages d’événements et d’activités, les gens s’écrivent sur Messenger plutôt que se donner leur numéro de téléphone. Par moments, on a la sensation de faire un saut de 10 ans en arrière. Les autres réseaux que Facebook n’ont pas l’air de vraiment marcher ici, pas mal de gens ne semblent pas hyper à l’aise avec tout ce qui est téléphones et applications mobiles. C’est surprenant mais assez rafraichissant, en fait.
On est jeudi, c’est le jour du réseautage ! On retrouve les copains au Carrefour Emploi et on rencontre d’autres personnes, notamment Kelly et Jordan, deux Toulousains qui sont dans la classe d’Aurélien.

On passe ensuite au concert du Jeudi centre-ville (il y a encore plus de monde que la semaine dernière).

Et on va manger (presque) tous ensemble…

… avant d’aller dans un bar qui fait karaoké le jeudi soir. Le bar est assez vide (tout le monde est au concert) mais on retrouve plusieurs Québécois qui sont aussi à l’école forestière. Ils sont tous assez jeunes, moins de 20 ans pour la majorité et là, on se régale tous à voir Patrick, un de nos copains français, se déchaîner sur Highway to Hell :


C’est aussi cette semaine qu’on reçoit la plaque d’immatriculation définitive de notre voiture (on la place à l’arrière – ici, les voitures n’ont pas de plaque à l’avant) :

« Je me souviens », c’est la devise du Québec, qu’on peut lire sur toutes les plaques d’immatriculation québécoises.
Et pour finir la « fausse » semaine de cours d’Aurélien, j’ai la chance d’y prendre un peu part puisque je participe à une activité de découverte des plantes médicinales de la forêt, avec hot-dog et blé d’inde (épi de maïs) offerts, à laquelle toute l’école forestière participe aussi 🙂
Il fait beau, tout le monde est content d’être là, je revois ceux que je connais, je rencontre quelques autres élèves de l’école et aussi des profs, notamment Caroline, sa prof principale, passionnée de forêts, de plantes et de champignons et Nicolas, son prof de survie et de construction d’infrastructures.

On sent que cette première semaine était avant tout du team building, pour permettre aux élèves de se rencontrer, en classe et en dehors, je trouve ça vraiment cool. Certains jouent au ballon, d’autres au jeu de couilles (oui oui, ça s’appelle comme ça).

Un peu plus tard, Sylvie Régnier, experte en plantes médicinales, vient nous parler de sa passion. On part en groupe dans les alentours pour observer, toucher et sentir certaines plantes aux nombreuses vertus, qui poussent ici.


Les étudiants retournent à l’école et moi je reprends ma journée. En revenant vers chez nous, je tombe sur Aurélien et Cyprien qui ont une très bonne nouvelle à m’annoncer : finalement ils vont être dans la même classe 🥳🥳🥳

Ce soir, on goûte la meilleure poutine qu’on ait mangée. Normal, la viande qui est dessus est trop bonne. C’est de la côte levée (= travers de porc), de l’éffiloché de porc et du brisket (de la viande de bœuf très tendre). On sait ce que vous pensez : on mange trop de poutine.
On est d’accord 😁 et on sait qu’il va falloir arrêter les bêtises. En vrai, on en mangera plus trop à partir de maintenant (moi, parce que je rentre en France ahah mais Aurélien aussi va arrêter le délire poutinesque qui touche beaucoup de nouveaux arrivants au Québec 🤣).
Pour mon dernier jour ici, Aurélien m’emmène en forêt et plus précisément à la forêt-école, là où il aura cours de temps en temps. Il vous en parlera plus en détail, mais le voici en situation…

Et voilà la vue de la « classe » 😍

On pousse ensuite jusqu’au Lac Caribou, dont nous a parlé Cyprien. L’endroit est très paisible.



Pauline et Cyprien nous invitent à manger chez eux ce soir, alors on propose de faire des lasagnes. On est un petit peu en retard chez eux ce soir, mais pour la bonne cause : on a trouvé une laveuse (= machine à laver) !! On est officiellement super bien installés ! (Merci à Pauline, qui a été très réactive et nous aussi juste après – sur Facebook, les choses à vendre partent en quelques minutes ici 😅).
Et voilà, mon séjour ici touche à sa fin. On part pour Trois Rivières.

On y fait quelques magasins pour trouver des petites choses qu’il n’y a pas « chez nous » et on va manger un restaurant japonais (il n’y en a pas à La Tuque).
Je me remets en mode sac-à-dos, je vais prendre mon bus et Aurélien reprend la route dans l’autre sens 😪
