Ca y est, c’est le jour de la rentrée ! C’est en grandissant que l’on comprend qu’on était plus tranquille à l’école. Est-ce que c’est ça qui fait que j’y retourne ou le plaisir de toujours apprendre encore plus de choses ? En tout cas, c’est reparti ! « Petit » grand bonhomme range sa casquette de chef d’entreprise et ressort son sac d’étudiant ! ;D

Cette première semaine à l’école est une semaine d’introduction, avec présentation des formateurs, des autres élèves, du programme de cours, des futurs métiers potentiels, etc. On nous remet quelques équipements et donne la répartition des deux groupes. Je suis dans le groupe 102 🙂
Sur la classe de 24 élèves, il y a environ 60 % de Québécois et 40 % de Français. Dans le groupe 102, on est 5 Français pour 7 Québécois.
Pour le midi, il y a pas de cantine ou de self, chacun doit ramener sa gamelle (ça fonctionne beaucoup comme ça au Québec, même à l’école primaire, les parents doivent préparer des boîtes à leurs enfants). Il y a une cafétéria à l’école (en ville) et à l’école forêt, où on peut réchauffer nos repas (à 10 minute de bus jaune).
Les professeurs nous préviennent à l’avance si on doit ramener un dîner (= lunch/déjeuner) froid ou chaud car il nous arrive de manger sur le terrain, en pleine forêt, comme quand on a fait du VTT (= quad), ou sur une plage quand c’est journée chaloupe !
On ne découvrira la forêt école que la semaine suivante, une fois que les groupes seront séparés (plus pratique pour les bus jaunes) donc je vous en parlerai plus dans le prochain article.

Pendant deux jours cette semaine, on a la visite de différentes personnes qui viennent nous présenter quelques métiers que l’on pourra exercer à la fin de notre formation :

Nicholas, mon professeur de survie, d’outils et de construction/infrastructure (qui a suivi la formation de PETF comme moi ici à l’école de la Tuque), nous parle de son expérience en tant qu’agent de protection de la faune, principalement auprès des ZEC (Zones d’Exploitation Contrôlée), de grands territoires forestiers où la chasse, la pêche et d’autres activités d’extérieur sont pratiquées et doivent donc être règlementées.
Le rôle d’un agent de protection est de patrouiller le territoire, sensibiliser, contrôler et au besoin verbaliser les usagers qui ne seraient pas en règle. Le contrôle concerne à la fois les différents permis mais aussi les armes/cannes à pêche, les prises (poisson/gibier) et bien sûr les potentiels comportements dangereux ou irrespectueux de l’environnement.

Ensuite, on a la visite de Karine, de la Sepaq (Société des établissements de plein air au Québec), qui regroupe 46 établissement sur 50 000 km2 au Québec. On y retrouve 23 parcs nationaux, 13 réserves fauniques/pourvoiries et 8 établissements de tourisme (villégiature). Les postes varient selon les compétences, par exemple on peut devenir guide chasse/pêche et accompagner les clients, être préposé à l’accueil, s’occuper des infrastructures comme les chalets et pontons, sensibiliser et renseigner des clients sur la faune et la forêt, etc.

Puis on a la visite d’une personne de la pourvoirie Wabanaki (ce qui veut dire « la terre du soleil levant » en Atikamekw). Cette pourvoirie est un lieu de très grande taille – 500 km2 – qui compte 50 lacs et 37 huskies (pour les traineaux bien sûr !).
Les pourvoiries, de façon plus générale, proposent des hébergements (chalets souvent isolés les uns des autres), des guides pour la chasse et la pêche et bien sûr des zones sauvages préservées et entretenues pour assurer une faune active et nombreuse. À part le métier de guide de chasse/pêche, les tâches sont les mêmes que dans n’importe quel lodge, par exemple, à savoir : accueil , transport et installation des clients dans leur chalet (parfois loin, très loin, le transport pout se faire un chaloupe, VTT (= quad), camion, skidoo (= motoneige) ou même avion !
Les employés sont également chargés de l’entretien et du ménage dans les infrastructures et de tous les services tels que le bois de chauffage, la préparation des véhicules et du matériel de chasse/pêche, selon la pourvoirie et selon le forfait que les clients choisissent. Faque c’est un métier polyvalent, autonome, constamment en pleine nature, et très varié (tiens tiens tiens :-P).

Vient le tour de la SOPFEU (Société de Protection des forêts contre le Feu). Comme son nom l’indique, il s’agit des combattants du feu qui permettent au Québec et au Canada de perdre un minimum de zones de nature sauvage qui malheureusement brûlent de plus en plus chaque année. Pour information, les pompiers de la SOPFEU ne sont pas les mêmes que ceux qui interviennent sur les accidents du quotidien ou même les incendies domestiques de maisons et autres.
Ils sont spécialisés et dédiés uniquement aux feux de forêt. Les témoignages sont passionnants, mais il faut suivre une formation d’aménagement des forêts pour pouvoir exercer ce métier, et bien sûr avoir la vocation de devenir pompier. Personnellement la protection des réserves fauniques me branche bien plus, j’ai choisi le bon programme 😀


Pour terminer, on rencontre le chef d’équipe des agents du Réservoir Gouin, un immense territoire qui est, comme vous l’imaginez, composé d’énormément d’eau ! En gros, le réservoir Gouin, ça représente 5 000 kilomètres de rivage, 22 pourvoiries, 6 à 8 employés par an et pour s’y rendre de la Tuque, ça prend 3 heures de camion puis 1 heure de bateau vers le nord, rien que ça !!
Le rôle des personnes qui y travaillent s’apparente à celui des agents de protection de la faune, avec qui ils travaillent et collaborent quotidiennement. Ils s’occupent principalement de la faune aquatique et des activités de pêche. Donc encore une fois, on retrouve comme tâches : l’accompagnement des usagers, les contrôles d’embarcations, du matériel et des prises, la verbalisation au besoin, l’enquête et la patrouille du territoire. C’est un espace tellement grand que les équipes sont également en contact avec les gérants de pourvoiries et les autres organismes opérant sur le réservoir. Bref, un emploi très reculé dans les terres du Québec, loin de tout et surtout toujours plus proche de la nature !
La semaine se termine tranquillement sous soleil, au parc des chutes, avec le traditionnel épluchage de blé d’inde (épi de maïs), avec toute la classe, deux de nos professeurs, Caroline et Nicholas et le dîner (= déjeuner) tous ensemble. La super équipe du Carrefour Jeunesse Emploi a apporté des jeux de plein air et tout le monde (promeneurs, passants et autres) sont invités à se joindre à nous.
Ensuite, les groupes 101 et 102 se séparent, l’un retourne à l’école en ville et l’autre (nous, le 102) reste au parc des chutes pour une rencontre et une balade initiative en forêt avec Sylvie Régnier, une experte des plantes sauvages/médicinales dont Julie vous a parlé dans l’article précédent.
Elle nous initie avec douceur et passion aux plantes telles que l’Achillée millefeuille ou la Comptonie voyageuse 🙂 Tout ça dans le cadre de notre première après-midi de cours officielle, avec Julie, qui a pu rester comme d’autres personnes qui participaient à la journée, tout simplement 🙂

Le mode de vie « doucement, pas trop vite » de La Tuque nous séduit de jour en jour ! Les gens sont gentils, le temps ralentit, seul le présent occupe l’esprit.
Coucou l’écolier
Très instructif et inspirant ce début de formation
Merci 🤩
Bisous